Madagascar poursuit le déploiement de son système national d’identification biométrique à travers la deuxième phase de l’opération « Izaho Tokana 2.0 ». Cette nouvelle étape prolonge les efforts engagés au cours de la première phase afin de renforcer l’accès des citoyens à une identité légale et de contribuer à la modernisation progressive des services publics.
La conduite institutionnelle de l’opération relève du Ministère de l’Intérieur et de la Décentralisation, en collaboration avec le Centre national d’état civil et de l’identité ainsi que les autres structures publiques concernées.
Le Projet DECIM – Digital and Energy Connectivity for Inclusion in Madagascar – accompagne cette deuxième phase dans la continuité de l’appui précédemment assuré par le Projet PRODIGY dans les domaines de l’état civil, de l’identité et de la transformation numérique de l’administration.
Plus de six millions de citoyens déjà enrôlés
La première phase de l’enrôlement biométrique a permis d’enregistrer plus de six millions de citoyens sur l’ensemble du territoire national.
Cette première étape a contribué à renforcer la couverture du système d’identification tout en permettant de tirer plusieurs enseignements opérationnels pour la poursuite du programme. Elle a notamment mis en évidence la nécessité d’accroître les moyens techniques disponibles, d’améliorer la couverture des zones éloignées et de renforcer la coordination entre les différents acteurs mobilisés sur le terrain.
La deuxième phase de « Izaho Tokana 2.0 » vise désormais à consolider ces acquis et à poursuivre l’extension du dispositif. L’objectif annoncé est d’atteindre 10 millions de Malgaches âgés de 18 ans et plus d’ici juillet 2027.
Des capacités opérationnelles renforcées
La nouvelle phase s’accompagne d’un renforcement des capacités nécessaires au déploiement de l’enrôlement biométrique sur le territoire.
Un millier de kits d’enrôlement supplémentaires viennent notamment renforcer les équipements déjà mobilisés. Ces moyens doivent permettre d’augmenter les capacités d’enregistrement, d’améliorer la couverture territoriale et de faciliter le déploiement des équipes dans les zones où l’accès aux services administratifs demeure limité.
L’enrôlement biométrique repose sur l’enregistrement de données permettant d’identifier chaque personne de manière unique et sécurisée. Il contribue ainsi à disposer d’informations plus fiables sur l’identité des citoyens et à soutenir progressivement l’amélioration des services d’état civil et des différents dispositifs administratifs nécessitant une identification fiable des usagers.
Le renforcement des équipements s’accompagne également d’ajustements organisationnels et techniques issus des enseignements tirés de la première phase.
Un dispositif de coordination renforcé
La deuxième phase intègre également le renforcement du dispositif de suivi et de coordination de l’enrôlement biométrique.
Un Centre de coordination opérationnelle permet notamment d’assurer un suivi plus structuré des opérations déployées sur l’ensemble du territoire. À travers des outils de suivi et des tableaux de bord, ce dispositif contribue à centraliser les informations relatives aux opérations d’enrôlement et à suivre les performances enregistrées sur le terrain.
Cette organisation facilite la coordination entre les administrations centrales, les services déconcentrés, les collectivités territoriales et les équipes chargées directement de l’enregistrement des citoyens. Elle doit également permettre d’identifier plus rapidement les éventuelles difficultés opérationnelles et d’améliorer la réactivité dans le déploiement des moyens humains et matériels.

L’identité légale, une condition d’accès aux services
L’enrôlement biométrique ne constitue pas uniquement une opération technique d’enregistrement des citoyens. Il s’inscrit dans une démarche plus large visant à garantir à chaque personne une identité légale, unique et sécurisée.
La reconnaissance juridique de l’identité constitue une condition essentielle pour l’exercice de nombreux droits et l’accès à différents services. Elle facilite notamment les démarches administratives et l’accès à l’éducation, à la santé, à la protection sociale, aux services financiers ainsi qu’à d’autres dispositifs publics.
L’amélioration de l’identification contribue également à renforcer la fiabilité des données administratives, à limiter les risques de doublons ou d’erreurs et à soutenir la modernisation progressive des services publics.
La démarche s’inscrit par ailleurs dans l’Objectif de Développement Durable 16.9, qui vise à garantir à tous une identité juridique, notamment grâce à l’enregistrement des naissances, à l’horizon 2030.
Rapprocher les services des populations
L’un des principaux enjeux de cette deuxième phase réside dans la capacité à toucher davantage les populations qui rencontrent encore des difficultés d’accès aux services administratifs.
Les contraintes géographiques, l’éloignement des centres administratifs ou encore l’absence de documents d’état civil constituent toujours des obstacles pour une partie de la population.
Le renforcement des équipements mobiles et des opérations de proximité doit ainsi permettre de rapprocher l’enrôlement des citoyens, en particulier dans les zones rurales, éloignées ou difficiles d’accès.
Une attention particulière est également portée aux populations vulnérables, aux femmes, aux jeunes et aux personnes vivant dans les zones enclavées, afin que l’extension du système d’identification contribue à une meilleure inclusion dans l’accès aux services publics.
Vers un système d’identité plus inclusif et durable
Avec la deuxième phase d’« Izaho Tokana 2.0 », Madagascar poursuit la construction progressive d’un système d’identité reposant sur des données plus fiables, des capacités opérationnelles renforcées et une couverture territoriale élargie.
Au-delà du nombre de personnes enrôlées, l’enjeu est de consolider un dispositif durable permettant à chaque citoyen de disposer d’une identité unique et sécurisée, tout en facilitant son accès aux services essentiels et en accompagnant la modernisation de l’administration publique.